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L'association Le REFUGE...
Lesbiennes discriminées en Suisse
Etre homosexuel aujourd'hui... 
L'homosexuel(le) continue de faire peur...
L’Histoire du mouvement homosexuel français....
"Bleu, blanc, rose"Trente ans de vie homosexuelle en France
Tolérance et répression

Le bon docteur Hirschfeld

 Vies de Femmes...            
 

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Réflexion sur l’homophobie
Source www.cyberpresse.ca/article/ - par Louise Lemieux  -16/05/2007
Comment un enseignant peut-il aider un jeune qui fait son coming out ? Comment un employeur peut-il contrer l’homophobie dans son entreprise ? Comment les médecins devraient-elles aborder leurs patientes lesbiennes ?
Un colloque régional d’une journée a lieu aujourd’hui au Centre Lucien Borne, sur le chemin Sainte-Foy, pour répondre à toutes les questions que le public se pose concernant l’homosexualité et l’homophobie (aversion contre l’homosexualité et les homosexuels), et pour souligner la journée internationale contre l’homophobie.
- « Nous nous adressons cette année à la population en général plutôt qu’aux gais, lesbiennes et transsexuels. Nous invitions les gens à venir nous rencontrer pour nous comprendre », explique Yvan Lapointe, porte-parole des trois organismes responsables de la journée : la Coalition gaie et lesbienne du Québec, MIELS-Québec et GRIS-Québec.  Le colloque de Québec sera suivi d’autres en région en prévision de la conférence mondiale de l’International Lesbian and Gay Association (ILGA) prévue en mai 2008 à Québec et qui réunira plus de 2000 personnes.
« On veut être pratico-pratique. Donner des trucs simples pour contrer l’homophobie, à l’école, au travail, dans les familles, dans les activités sociales », poursuit Yvan Lapointe.
Au menu du colloque d’aujourd’hui, des témoignages, des questionnements, des conférences. Michel Dorais, par exemple, chercheur à l’École de service social de l’Université Laval, discutera des méfaits de l’homophobie. Me Marc-André Dowd, vice-président de la Commission des droits de la personne présentera son rapport « De l’égalité juridique à l’égalité sociale ».
En soirée, GRIS-Québec présentera une séance de « Gai et lesbienne 101 », sur les croyances populaires concernant l’orientation sexuelle, les étapes du coming out, etc.

Trop de gens se cachent encore On estime que 10 % de la population est homosexuelle, lesbienne ou transsexuelle dans toutes les sociétés. Dans une ville comme Québec, 50 000 personnes ne seraient pas hétérosexuelles. « Mais à peine 4 % ont fait leur coming out. Il y a donc beaucoup de gens qui vivent en parallèle. Notre objectif, c’est que les 10 % qui sont différents puissent être bien dans leur peau plutôt que de s’inventer une autre vie. On ne veut pas que l’homosexualité devienne la norme. On veut seulement qu’elle soit normale et acceptée », conclut Yvan Lapointe.


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L'association Le Réfuge souhaite créer une structure dans les Hauts-de-Seine
L’association Le Refuge cherche des bénévoles pour le développement d’une structure d’accueil dans le département des Hauts de Seine. Le Refuge agit contre l’isolement, la rupture familiale et pour la prévention du suicide et de la prostitution des jeunes homosexuel(le)s.
Fondé en 2003 à Montpellier, Le Refuge est la seule structure en France à assurer un hébergement d’urgence et un suivi pluridisciplinaire (social, médical, psychologique, médiation familiale) pour des jeunes gays et lesbiennes rejetés par leur famille. Un chiffre marquant, les jeunes gays et lesbiennes ont 13 fois plus de risque de mettre fin à leurs jours que les hétérosexuels
. - CONTACT : Jean-Pierre 06 62 24 24 06
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Les Lesbiennes discriminées en Suisse GB/Suisse01/01/2007
Récemment, une campagne de prévention appelée "Stop suicide" a été menée à bien par le gouvernement fédéral de la Suisse avec intention de prévoir le suicide des jeunes adolescents entre la population homosexuelle, vérifiant les résultats durant une année. En s'agissant d'une campagne active et bien financée, qui fait seulement apparaître les résultats des jeunes gays. N'est apparue aucune statistique sur les femmes. Ces statistiques sur les jeunes gays ont reconfirmer la thèse que les jeunes adolescents au moment de découvrir leur homosexualité faisaient partie d'un groupe à haut risque en ce qui concerne le suicide, de 4 à 5 fois supérieur aux jeunes hétérosexuels.
En même temps, une étude américaine a démontré que les jeunes femmes formaient un groupe encore à plus haut risque que celui des jeunes hommes du au fait que la représentation publique des femmes et lesbiannes est encore perçu comme plus dévalorisante que celle des gays. Le groupe lesbian suisse Lestime a donc dénoncé son inquiétude par l'absence de statistiques de cette campagne de prévention du suicide entre les jeunes sur ce le sujet lesbien et a pris contact téléphonique avec l'Université de Lausanne et avec le service de professeurs à charge de cette étude. La seule réponse obtenue a été qui il n'y avait pas budget suffisant pour les jeunes femmes. Ceci pour relativiser une avance qui peut paraître emblématique pour un pays dit "civilisé".
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Etre homosexuel aujourd'hui...  
Les homos en panne de cause  -
L'Express 26/06/2003 par Marion Festraëts 
Autrefois fédérés par la lutte contre le sida et par le combat pour le Pacs, les gays et lesbiennes font aujourd'hui face à une société plus compréhensive...
Combattre l'homophobie et les discriminations: depuis quelques années, les slogans de la Marche des fiertés lesbienne, gaie, bi et trans - ex-Gay Pride (ce 28 juin à Paris) semblent bégayer. Au point que, au-delà de l'indéniable aspect festif de cette manifestation, on en vient à se demander si ce défilé a encore un sens politique. En panne de proposition nouvelle, de projet social fédérateur depuis le vote du Pacs, en 1999, la cause homo semble aujourd'hui chercher le souffle qui l'avait portée durant les «années sida». Le consensus mou autour de la lutte contre l'homophobie masque mal un déficit patent de revendication forte. Au sein d'une société désormais plutôt compréhensive et tolérante, les élucubrations d'une Brigitte Bardot ou les dérapages d'une Françoise de Panafieu...  jettent le discrédit sur leurs auteurs plus que sur leurs cibles: le député UMP Claude Goasguen s'est empressé de préciser que les propos de Françoise de Panafieu n'engageaient qu'elle. Les homos doivent-ils faire le constat qu'ils ont peut-être, en fait, obtenu l'essentiel?...
«Le Pacs nous a donné une respectabilité, nous a sortis du cliché des gays festifs en officialisant la légitimité des couples homos», estiment Ronan Rosec et Laure Lagardère, à la tête de SOS-Homophobie, association qui publie chaque année un rapport sur les discriminations ou les insultes dont sont victimes les homosexuels. Moins politisée qu'à ses débuts, SOS-Homophobie réclame que les actes et propos discriminants soient punis par la loi, à l'instar du racisme, et qu'une information sur l'homosexualité soit dispensée à partir du collège: «Il s'agit simplement de rompre l'isolement des jeunes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle et qui ne trouvent aucune référence positive à l'homosexualité dans leur environnement.»...
Pourtant, les mentalités ont progressé, au point qu'aujourd'hui un personnage politique peut révéler son homosexualité sans choquer personne, alors qu'une telle démarche semblait inconcevable il y a dix ans. Selon Louis-Georges Tin, qui a dirigé le tout récent Dictionnaire de l'homophobie (PUF), la discrimination des homos va bien au-delà de la simple insulte lancée dans la rue: pour ce spécialiste des études gaies et lesbiennes, qui parle également de «gaiphobie», de «lesbophobie», de «biphobie» et de «transphobie», «l'origine profonde de l'homophobie est sans doute à rechercher dans l'hétérosexisme, qui est ce règne de l'hétérosexualité obligatoire [...]. En effet, ce régime tend à constituer l'hétérosexualité comme la seule expérience sexuelle légitime, possible et même pensable...»
Débattue en long et en large par les idéologues de la communauté, la question des genres et des identités sexuelles est aujourd'hui au cœur de tous leurs différends. «Depuis le Pacs, on assiste à un immense bavardage sur tout et rien. On devrait peut-être commencer par se pencher sur notre histoire», commente Jean Le Bitoux, chargé de piloter le futur Centre d'archives et de documentation homosexuelles de Paris. Un projet qui cristallise à nouveau les vieux antagonismes entre lesbiennes radicales et gays un brin misogynes, entre tenants du différencialisme et partisans du droit à l'indifférence. L'historienne féministe Marie-Jo Bonnet et Marie-Hélène Bourcier, théoricienne du mouvement queer - qui étudie et remet en question les genres et les identités sexuelles - ont d'ailleurs lancé une pétition dénonçant l'exclusion des lesbiennes du projet et la «superficialité» de la réflexion en cours. Et les homos de s'accuser mutuellement de discrimination...

Ces querelles de chapelle semblent très éloignées des préoccupations quotidiennes des homos «de base». La sociologue Françoise Gaspard souligne d'ailleurs «la dissémination du militantisme au contact du terrain»: «Les moins de 40 ans préfèrent se retrouver dans des associations de convivialité, pour randonner, skier ou parler portugais. On voit émerger de nouvelles formes de revendication et de militantisme à travers une nuée d'associations au sein des entreprises, des institutions ou des administrations»: à La Poste, à la SNCF, dans l'armée, dans la police, au sein d'HEC ou de Sciences po, etc. «Nos jeunes internautes n'ont pas l'air de mal vivre leur homosexualité, remarque William Pettex-Sorgue. Eux qui n'ont pas vu mourir des dizaines d'amis, comme notre génération, s'impliquent dans des activités de loisir plutôt que dans les grands mouvements historiques.»
  

Plus que le droit à la différence, la majorité des homos réclament aujourd'hui le droit à l'indifférence. Et à l'égalité avec les couples hétéros: l'homoparentalité les motive plus que les débats autour du queer. Ils veulent pouvoir adopter en couple et avoir accès à la procréation médicalement assistée. Et lorgnent vers l'étranger: en 2002, la Suède autorisait les couples du même sexe à adopter des enfants, comme aux Pays-Bas et dans certains Etats d'Amérique du Nord. En Grande-Bretagne, en Belgique et en Espagne, les lesbiennes ont accès à l'insémination artificielle - tandis qu'après la Belgique et les Pays-Bas le Canada s'apprête à légaliser le mariage entre homosexuels (voir l'encadré). «Ces revendications obéissent à une sorte d'agenda international, souligne Marie-Hélène Bourcier. Ce qui est réclamé et obtenu aux Etats-Unis ou en Australie sera réclamé et - vraisemblablement - obtenu en France.» Si les homos y tiennent assez pour se mobiliser. 
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Mouvement des homosexuel/les pour le changement

"L'homosexuel/le continue à déranger, à inquiéter, à faire peur…
 "Parce qu'il est perçu comme un être libre, affranchi des chaînes qui entravent le commun des mortels. Pas de sacrement, pas de contrat, pas de communauté de biens, pas d'enfants : aucun bagage social, le seul lien étant le plaisir réciproque, lien dénouable à tout moment, pacte révocable d'un jour à l'autre. Léger et gai, l'homosexuel traverse la vie en se jouant : cette image hante l'hétérosexuel chargé de progéniture et de valise conjugales, "attelé au lourd chariot de la perpétuation de l'espèce", selon la mémorable formule de Michel Tournier dans les Météores. " La haine du chien enchaîné à l'égard du loup libre et solitaire ", voilà ce qu'éprouve l'homme accablé de responsabilités familiales envers l'insolent qui le défie. Si insolent qu'il a rejeté le vieux mot d'homosexuel, qui puait la pharmacie et reflétait une sorte de condescendance médicale de la part de la société dominante, pour s'appeler tout simplement gai."
Actualité et forum.  http://membres.lycos.fr/mhchbv/page5.htm

 
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L’Histoire du mouvement homosexuel français (I)
émission France Culture
du 12 Mai 2003 - Documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert
I - De la clandestinité au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire
A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la pudeur pour deux personnes du même sexe. Il faut attendre les années 50 pour observer la création de la première association homosexuelle. C'est après mai 68 qu'un véritable mouvement de libération voit le jour, avec la naissance en 1971 du FHAR, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire

A la suite de la première partie de ce documentaire, un débat avec Florence Tamagne, Didier Eribon et Louis-Georges Tin.L’Histoire du mouvement homosexuel français (I)
L’Histoire du mouvement homosexuel français Un documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert I - De la clandestinité au Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la pudeur pour deux personnes du même sexe. La clandestinité est de mise puisque les gouvernements d'après-guerre ont conservé une loi de Vichy qui poursuit les homosexuels (pourtant parmi les populations déportées par l'Allemagne nazie). Dans les grandes villes, certains lieux publics permettent cependant des rencontres furtives, mais toujours dans la crainte de poursuites ou de fichage par la police. Il faut attendre les années 50 pour observer la création de la première association homosexuelle qui prend la forme d'un club littéraire avec une revue, Arcadie, discrète et soucieuse de ne pas choquer l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable mouvement de libération voit le jour. D'abord inspiré par la contestation des années 70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (F.H.A.R.) naît en 1971 dans les rouages du MLF, les homosexuelles en étant à l'origine, mais il périclite rapidement. Néanmoins, la parole se libère avec force et le mouvement est irréversible. Revendiquant l'abrogation des lois discriminatoires, celle-ci est arrachée après l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1982. L'homosexualité s'organise dès lors en mode de vie toléré et admis, même si l'apparition du virus du sida marque profondément cette minorité, touchée de plein fouet par l'épidémie au cours des années 80… Avec les témoignages d’Hélène Hazéra, Marie-Jo Bonnet, Françoise D'Eaubonne, Christine Delphy, Gisèle Halimi, Guy Chevallier, Jacques Fortin, Louis Joinet, Jacques Lemonnier, Didier Lestrade, Hervé Liffran, Robert Badinter. Et les sons d'archives de l'INA avec André Baudry, Guy Hocquenghem, Ménie Grégoire, Raymond Forni, Jean Foyer, Henri Caillavet… Suite à ce documentaire, un débat avec Florence Tamagne, Didier Eribon et Louis-Georges Tin.

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Première affiche (Gay Liberation)

L'histoire du mouvement homosexuel français (II)
             Emission du 19 Mai 2003 -

      L'histoire du mouvement homosexuel français

    Un documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert


II - Du F.H.A.R. à la dépénalisation de l'homosexualité
A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la pudeur pour deux personnes du même sexe. La clandestinité est de mise puisque les gouvernements d'après-guerre ont conservé une loi de Vichy qui poursuit les homosexuels (pourtant parmi les populations déportées par l'Allemagne nazie). Dans les grandes villes, certains lieux publics permettent cependant des rencontres furtives, mais toujours dans la crainte de poursuites ou de fichage par la police.

Photographer: Peter Hujar- Circa 1973
Source: Martin Duberman. Stonewall. New York: Dutton 1993.


Il faut attendre les années 50 pour observer la création de la première association homosexuelle qui prend la forme d'un club littéraire avec une revue, Arcadie, discrète et soucieuse de ne pas choquer l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable mouvement de libération voit le jour. D'abord inspiré par la contestation des années 70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (F.H.A.R.) naît en 1971 dans les rouages du MLF, les homosexuelles en étant à l'origine, mais il périclite rapidement.

Néanmoins, la parole se libére avec force et le mouvement est irréversible. Revendiquant l'abrogation des lois discriminatoires, celle-ci est arrachée après l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1982. L'homosexualité s'organise dès lors en mode de vie toléré et admis, même si l'apparition du virus du sida marque profondément cette minorité, touchée de plein fouet par l'épidémie au cours des années 80…

Avec les témoignages d’Hélène Hazéra, Marie-Jo Bonnet, Françoise D'Eaubonne, Christine Delphy, Gisèle Halimi, Guy Chevallier, Jacques Fortin, Louis Joinet, Jacques Lemonnier, Didier Lestrade, Hervé Liffran, Robert Badinter.
Et les sons d'archives de l'INA avec André Baudry, Guy Hocquenghem, Ménie Grégoire, Raymond Forni, Jean Foyer, Henri Caillavet…


Suite à ce documentaire, un débat avec Françoise Gaspard, Christine Bard et Olivier de Bussher.
L'histoire du mouvement homosexuel français (II)
L'histoire du mouvement homosexuel français Un documentaire d’Olivier Doubre et Christine Robert II - Du F.H.A.R. à la dépénalisation de l'homosexualité A la sortie de la guerre 1939-45, l'homosexualité est considérée comme un délit qui aggrave les peines d'outrage public à la pudeur pour deux personnes du même sexe. La clandestinité est de mise puisque les gouvernements d'après-guerre ont conservé une loi de Vichy qui poursuit les homosexuels (pourtant parmi les populations déportées par l'Allemagne nazie). Dans les grandes villes, certains lieux publics permettent cependant des rencontres furtives, mais toujours dans la crainte de poursuites ou de fichage par la police. Il faut attendre les années 50 pour observer la création de la première association homosexuelle qui prend la forme d'un club littéraire avec une revue, Arcadie, discrète et soucieuse de ne pas choquer l'opinion. C'est après mai 68 qu'un véritable mouvement de libération voit le jour. D'abord inspiré par la contestation des années 70, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (F.H.A.R.) naît en 1971 dans les rouages du MLF, les homosexuelles en étant à l'origine, mais il périclite rapidement. Néanmoins, la parole se libére avec force et le mouvement est irréversible. Revendiquant l'abrogation des lois discriminatoires, celle-ci est arrachée après l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1982. L'homosexualité s'organise dès lors en mode de vie toléré et admis, même si l'apparition du virus du sida marque profondément cette minorité, touchée de plein fouet par l'épidémie au cours des années 80… Avec les témoignages d’Hélène Hazéra, Marie-Jo Bonnet, Françoise D'Eaubonne, Christine Delphy, Gisèle Halimi, Guy Chevallier, Jacques Fortin, Louis Joinet, Jacques Lemonnier, Didier Lestrade, Hervé Liffran, Robert Badinter. Et les sons d'archives de l'INA avec André Baudry, Guy Hocquenghem, Ménie Grégoire, Raymond Forni, Jean Foyer, Henri Caillavet… Suite à ce documentaire, un débat avec Françoise Gaspard, Christine Bard et Olivier de Bussher.
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  Tolérance et répression
                           Dossier
FUGUES CA 10/04/2003 "Notre Histoire" Yves Lafontaine

Admises dans la Grèce antique où elles étaient considérées comme un véritable rite initiatique, puis tolérées au début de l'Empire romain, les pratiques homosexuelles ont été peu à peu réprimées jusqu'à leur condamnation par les dirigeants religieux ou politiques.


Un rite initiatique dans la Grèce antique
Les témoignages écrits ou iconographiques qui ont survécu au temps attestent que l'homosexualité était répandue dans les sociétés archaïques ou antiques. Dans la Grèce antique, elle concerne surtout l'élite. Les homosexuels sont en fait des bisexuels et l'amour avec une personne du même sexe n'est jugé répréhensible que dans le cas où le partenaire est issu d'une classe inférieure, s'il s'agit d'un esclave, par exemple.
Les pratiques homosexuelles apparaissent également comme des rites initiatiques participant d'un lien entre maître et disciple. Quatre siècles avant J.-C., l'historien Éphore, de même que Strabon cinq siècles plus tard, évoque des mythes selon lesquels des hommes viennent enlever des garçons à leur famille et les emmènent dans les forêts où ils les gardent pour en faire des hommes. L'apprentissage dure deux mois au cours desquels il y a initiation sexuelles (pénétration anale). Les familles feignent de résister mais acceptent, car c'est un honneur de voir choisi un de leurs fils. La famille à laquelle aucune avance de la sorte n'a été faite se couvre de honte.

Mais attention : dans la société grecque, on peut être bisexuel mais pas "folle"! On se moque volontiers des homosexuels efféminés qu'on appelle vulgairement les "culs-larges". Quant à l'homosexualité féminine, les témoignages de cette époque y font peu allusion, à l'exception de quelques références aux mœurs de certaines courtisanes et des poèmes de Sappho, vers le VIe siècle av. J.-C. On parle d'ailleurs toujours de saphisme pour désigner l'homosexualité féminine, ou de lesbianisme, mot qui vient de Lesbos, île où est née la poétesse.

Les contradictions romaines
Dans la Rome antique aussi, il existe une homosexualité qui s’apparente en fait à la bisexualité. L'élite romaine est mariée. Le rôle de la femme est de tenir la maison et d'élever les enfants, les courtisanes et les hommes étant réservés pour l'amusement. "M'ayant surpris, femme, dans un garçon, tu me grondes d'une grosse voix et tu me dis que toi aussi tu as un derrière", écrit le poète satirique Martial. Si l'homosexualité masculine est admise quand elle est pratiquée avec des esclaves, le lesbianisme est au contraire très mal accepté. Pour le Romain, le plaisir entre femmes est une atteinte directe au pouvoir masculin.

Au cœur même du pouvoir, l'homosexualité est de mise. Ainsi, l'empereur Néron se marie en grande pompe avec son esclave castré Sporus et tout son entourage suit son exemple. Cependant, quelques voix s'élèvent pour fustiger ses pratiques sexuelles. Ainsi, le philosophe Cicéron condamne l'homosexualité, s'emportant contre les gymnases grecs d'où, selon lui, elle est issue. "Le service sexuel est un délit pour l'homme libre, une nécessité pour l'esclave et un devoir pour l'affranchi", répond un avocat à Sénèque qui réprouve également l'inversion.
Au fil des siècles, les lois romaines vont peu à peu faire de l'homosexualité un délit. Ainsi, la Lex scatina de 226 punit d'une amende l'amour entre deux hommes libres. En 342, sous le règne des empereurs Constant Ier et Constant II, les homosexuels "passifs" sont punis du bûcher. En 390, l'empereur Théodose rejette officiellement l'homosexualité, une "infamie qui condamne le corps viril, transformé en corps féminin, à subir les pratiques réservées à l'autre sexe".
 
Au VIe siècle, les lois se font plus sévères encore. À la suite des guerres, des catastrophes naturelles et des épidémies, la population décroît de manière alarmante. L'espérance de vie est alors de 25 ans. Un quart de la population seulement dépasse 50 ans. Les spécialistes estiment alors que, pour renverser la tendance, une femme doit avoir cinq enfants. Dans ce contexte, l'homosexualité devient une menace pour la société tout entière, car c'est tout le peuplement de l'Empire qui peut en pâtir. En 553, l'empereur byzantin Justinien punit tout acte homosexuel de bûcher et de castration. Avec l'avènement du christianisme, qui réprouve cette sexualité n'ayant pas la procréation pour but, les lois vont encore se durcir.

Une tolérance graduelle
À partir de ce moment, les pratiques homosexuelles sont considérées comme un péché, une perversion qu'il faut condamner. Les périodes de tolérance se succèdent au fil des siècles, mais les lois veillent toujours. Ainsi, sous l'Inquisition, les personnes coupables d'inversion sont considérées comme hérétiques et finissent souvent sur le bûcher.

En 1869, un médecin hongrois *  invente le mot "homosexuel". L’attirance pour des personnes de son propre sexe est désormais considérée sous un aspect "identitaire" (au début, il s'agit d'une identité considérée comme déviante ou anormale) plutôt que comportemental. Désormais, on considère l'homosexualité comme une maladie plutôt qu’un crime, maladie que l'on essaye de "soigner" par des traitements radicaux tels que les chocs électriques, la lobotomie ou même la castration. Tandis que les médecins tentent d'expliquer cette forme de sexualité en isolant une cause biologique (certains examine le système hormonal, la forme du cerveau, la longueur des doigts et plus récemment les gènes), la psychanalyse se penche sur le vécu des homosexuels, pour esquisser des schémas familiaux (père absent, mère castratrice) susceptibles d’être responsables de cette "perversion".

Jusqu'en 1983, l'homosexualité était répertoriée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) parmi les maladies mentales.
 

Le banquet de Platon
Le Banquet de Platon, dialogue philosophique qui a pour thème l'amour, permet de mieux comprendre les mœurs bisexuelles d'usage à Athènes. On y retrouve, à travers une pédérastie idéalisée par l'élite intellectuelle de la Cité, l'idée du rite initiatique développée notamment par l'un des protagonistes, Pausanias. Ce dernier décrit deux types d'amour : il y a le vulgaire, inspiré par Aphrodite, qui consiste à aimer davantage les corps que les âmes, et l'amour céleste inspiré par Aphrodite-Uranie (déesse de la Science, de la Sagesse et de l'Amour idéal) à des hommes distingués qui se dévouent pour le bien-être et l'éducation des jeunes garçons. Dans l'un des passages les plus célèbres du Banquet, le philosophe Aristophane évoque sa thèse des moitiés. Avant que les dieux ne décident de les couper en deux dans un accès de colère, les êtres humains étaient doubles. Il existait des doubles homme-homme, femme-femme et homme-femme. Le destin de chaque humain est donc de passer sa vie à la recherche de sa moitié manquante… quel qu'en soit le sexe.
  
Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe étaient deux villes cananéennes qui furent détruites par un séisme au XIXe siècle av. J.-C. Selon la Bible, toutes les licences sexuelles étaient permises au sein de ces cités où l'on n'hésitait pas à s'adonner à la sodomie et à la zoophilie. Ayant sombré dans la débauche, ses habitants provoquèrent la colère divine et furent ensevelis sous la lave. Au Moyen âge, le mot "sodomie" évoque non seulement la pénétration anale mais aussi la zoophilie. Aujourd'hui, l'expression reste utilisée pour qualifier surtout l'homosexualité masculine.

* C'est le 6 mai 1868 que les mots "homosexualité" et "hétérosexualité" apparaissent pour la première fois par écrit en allemand, dans une lettre que le docteur hongrois Károly Mária Kertbeny (1824-1882), psychiatre et sexologue hongrois établi à Vienne, adresse au juriste Karl Heinrich Ulrichs. En 1869, dans une lettre ouverte au ministre prussien de la justice qui fait l'apologie d'une dépénalisation de l'homosexualité, Kertbeny utilise le terme de manière publique pour la première fois. Vocable formé des mots grec "homo" (même) et latin "sexus" (sexe), ce néologisme à la consonance si clinique va changer beaucoup de choses dans l'approche du phénomène. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que le terme s'impose et supplante ses concurrents "uranisme", "inversion", "ou sentiment sexuel contraire". "L'homosexualité" traduit un nouveau regard et une nouvelle attitude mentale par rapport à la question. Certes, l'acte relève toujours de la débauche, du péché ou de la déviance dans les esprits, mais il est considéré à partir de ce moment aussi comme une maladie. Les termes "homosexualité" et "hétérosexualité" n'entreront dans la langue française qu'en 1891.
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Le bon docteur Hirschfeld
En 1897, le Dr Magnus Hirschfeld (apparaît aux côtés de Conrad Veidt dans le film Différent des autres, de Richard Oswald (1919), qu'Arte a diffusé jeudi 10 février.), sexologue, fonde le Comité Scientifique et Humanitaire pour s'opposer à l'article 175 du Code pénal allemand qui réprime l'homosexualité - un article qui n'est d'ailleurs abrogé intégralement qu'en 1994. Après la Première Guerre Mondiale, Berlin devient le haut lieu des amours homosexuelles.
Mais après l'assassinat de Röhm, chef des SA et homosexuel notoire, la répression des nazis s'abat sur la communauté " rose ". Plus de 50 000 procès ont lieu et 15 000 homosexuels meurent dans les camps de concentration. L'Allemagne du miracle économique continue de poursuivre les homosexuels : 50 000 nouveaux procès ont lieu jusqu'en 1969. Après un assouplissement de l'article 175 et quelques années de répit, un nouveau malheur frappe les milieux homosexuels : le sida.

Dans d'autres parties du monde, les homosexuels subissent une répression féroce : condamnations à mort en Arabie Saoudite et en Iran, exécutions de travestis par les " escadrons de la mort " au Brésil, etc. Aussi, beaucoup ont les yeux tournés vers San Francisco. Là-bas, gays et  lesbiennes constituent des groupes de pression importants qui revendiquent, entre autres, le droit de fonder une famille. Tandis que les transsexuels tentent de redéfinir la répartition des rôles entre le féminin et le masculin, les communautés homosexuelles se mobilisent un peu partout pour faire accepter leur droit à la différence. Le mouvement queer entend rassembler tous ceux qui veulent
vivre et aimer autrement.
(Gay Kitsh Camp)

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