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Homoparentalité
Page 1 Interview & Témoignages
Homoparentalité Page 2...
Homminus politicus
"à la pêche aux moules..."
Bayrou
pour
l'adoption simple mais contre l'adoption plénière par
les couples homosexuels
Tetu.com 28/09/2006 |
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Le
président de l'UDF François Bayrou s'est dit favorable à
l'ouverture de la procédure d'adoption simple aux couples
homosexuels, dans un entretien avec les lecteurs du
quotidien Le Progrès
publié aujourd'hui.
«L'adoption simple, qui n'entraîne pas un lien de filiation,
et qui est aujourd'hui ouverte à un célibataire, devrait
l'être aussi aux homosexuels», estime le candidat
déclaré à la présidentielle.
Rappelant qu'il existe aujourd'hui en France
«300.000 enfants élevés par
des homosexuels», il estime qu'«on
ne peut pas les oublier ces enfants».
En revanche, François Bayrou n'est
«pas favorable à une adoption plénière pour deux
homosexuels, car l'adoption c'est la filiation et ce serait
donc accepter qu'un enfant ait deux pères ou deux mères»,
dit-il. L'adoption simple est révocable pour motif grave et
ne coupe pas les liens avec la famille d'origine,
contrairement à l'adoption plénière. Sur le mariage des
couples du même sexe, le député béarnais préconise également
une approche intermédiaire:
«Le mariage, pour moi, c'est un homme et une femme. Mais je
suis pour la reconnaissance d'une union civile et cela ne me
gênerait pas qu'elle soit conclue à la mairie». En
janvier, il avait indiqué qu'il n'était pas favorable à
l'adoption par des couples homosexuels, tout en prônant une
attitude «prudente»
(Avec AFP) |
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On compte déjà 100
000 familles homoparentales
Les couples homosexuels n’ont pas attendu des autorisations
en bonne et due
forme pour avoir des enfants. Aujourd’hui, ils demandent que le
droit reconnaisse
les faits
«L’avantage avec les couples homos, c’est que quand ils ont des
enfants on est sûr qu’ils les ont voulus.» Voilà au moins un
argument que personne ne contestera à Eric Garnier,
président de l’Association des Parents et Futurs Parents gays et
lesbiens (APGL). Et ils sont de plus en plus nombreux à affirmer
en vouloir.
On estime qu’il existe déjà plus de 100000
familles homoparentales et 200 000 à 400 000 enfants, ayant au
moins un parent homosexuel, dont un grand nombre sont nés dans
un «contexte» hétérosexuel d’une précédente union. Aux
Etats-Unis, avec 6 à 14 millions d’enfants de parents gays ou
lesbiens, on parle de gayby- boom!
«Ce qui a surpris et
provoque peut-être tant d’effroi chez certains, c’est qu’on ne
s’attendait pas à ce que les homosexuels aient un tel désir de
famille, remarque la psychanalyste Elisabeth Roudinesco. Cette
revendication du droit à la parenté s’ inscrit pourtant dans la
marche de l’histoire. Avec la dépénalisation de l’
homosexualité, puis sa banalisation, il était normal que ce qui
avait été refoulé pendant des siècles, le désir de procréation
des homosexuels, s’exprime enfin.» L ’APGL, créée en 1986 (1),
est ainsi passée de 70 membres en 1995 à 3000 en 2004!
De ces désirs sont nées des familles à configurations multiples.
Il y a d’abord celles où les enfants sont adoptés. Interdite aux
couples de même sexe, l’adoption est admise depuis 1966 pour les
célibataires de plus de 28 ans. Dans la pratique, tout dépend en
fait de la sévérité des organismes qui traitent les demandes
d’agrément. A Paris, l’homosexualité n’est plus considérée comme
un facteur discriminant, mais dans les Yvelines ou les
Hauts-de-Seine la jurisprudence montre qu’il vaut mieux cacher
sa sexualité. «Ce système implique une hypocrisie totale, relève
l’avocate Caroline Mécary. Les magistrats refusent des requêtes
sous prétexte que la figure paternelle ou maternelle est
absente, alors que l’article 344-1 n’évoque pas cette
condition.» Toujours est-il que l’adoption demeure une démarche
longue et complexe, même après l’obtention du fameux sésame. Sur
Paris, on compte 600 demandes par an pour seulement 50 pupilles
de l’Etat. Et les pays étrangers, souvent très hostiles à
l’adoption par des homosexuels, restent suspicieux à l’égard des
célibataires!
L’autre solution, c’est le recours à un tiers, interdit en
France. Les couples lesbiens
se tournent vers la Belgique (les «bébés Thalys»), les Pays-Bas
ou la Finlande où, contrairement à la France, l’insémination
artificielle n’est pas réservée aux seuls couples stériles ou
porteurs de maladie (lois de bioéthique de 1994). Les hommes
choisissent les Etats-Unis, où il est possible de passer contrat
avec des mères porteuses. Ils sont cependant très peu nombreux à
faire cette démarche coûteuse et risquée.
Dans tous ces cas de figure, les enfants n’ont toujours, au
final, qu’un seul parent légitime: la mère ou le père biologique
ou adoptif. Leurs compagnons, n’ayant aucun lien de filiation
avec l’enfant, se retrouvent sans statut. Pourtant la justice
a déjà fait une exception: le 27 juin 2001, le Tribunal de
Grande Instance de Paris reconnaissait à Carla Boni le droit
d’adopter les trois filles de Marie-Laure Picard, sa compagne
depuis vingt-cinq ans. Mais pour être conforme à la loi la
mère
biologique a été obligée de céder son autorité parentale à la
mère adoptive! Sa demande d’autorité conjointe, permise par les
dispositions du 4 mars 2002 sur la délégation parentale, lui a
été en effet refusée au titre qu’elle «détournait l’esprit des
lois». Devant tant d’obstacles, les homos sont de plus en plus
nombreux à opter pour la «coparentalité». Explication: une femme
– ou un couple lesbien – décide de mener à bien avec un gay – ou
un couple gay – un projet commun d’enfant. La loi leur
interdisant le recours à la médecine, ils se contentent
généralement de ce qu’on appelle l’«insémination artisanale» –
dite aussi méthode de la seringue.
Passons sur les détails…
L’enfant né de cette «union» a alors bien un père et une mère
biologiques. Et, comme dans les familles recomposées, il a deux
foyers. Les futurs coparents rédigent généralement une charte
spécifiant les droits de garde, la place des copar équivalents
des beaux-parents) et les modalités à suivre en cas de conflit
du «couple parental». Légalement, la situation est identique à
n’importe quelle naissance hors mariage: le père et la mère
biologiques sont reconnus comme parents légaux et partagent
l’autorité parentale sur l’enfant. Dans le cadre d’une
coparentalité, les compagnons des parents biologiques, ou
coparents, pourtant présents dès l’origine du projet, n’ont
aucun statut légal. Le Code civil n’avait évidemment pas prévu
le cas de deux papas et deux mamans! «C’est l’ occasion de
s’interroger sur la place des coparents et des beaux-parents
dans toutes les nouvelles formes de familles», affirme l’APGL,
qui milite en faveur de leur
reconnaissance légale et de la constitution d’un livret de
l’enfant où seraient précisés les parents biologiques,
juridiques et sociaux. Hier, la contraception et l’aide à la
procréation médicale assistée ont permis de dissocier la
sexualité de la procréation. Aujourd’hui l’adoption et la
coparentalité entraînent une distinction entre parenté et
parentalité.
En revendiquant ce droit à la parentalité, les couples
homosexuels remettent donc en question la conception
traditionnelle de la famille et des liens de filiation qui y
sont attachés. «Symboliquement, c’est un énorme bouleversement
pour une société qui s’est fondée sur le stéréotype "un seul
père, une seule mère" avec des parents censés être les
géniteurs, confirme l’ethnologue Anne Cadoret (2).
Mais
aujourd’hui cette construction éclate: on peut avoir plusieurs
figures de père, plusieurs figures de mère (comme dans les
familles d’accueil), les père et mère ne vivent pas
obligatoirement ensemble (comme les divorcés). On peut imaginer
une autre forme parentale du lien homme-femme-enfant, où
l’enfant, bien que toujours issu d’un mélange de masculin et de
féminin, ne vit pas complètement ou pas du
tout avec un père et une mère, mais avec deux "mères" ou deux
"pères".»
Deux papas, deux mamans... «Un aberration psychologique, affirme
le prêtre-psychanalyste Tony Anatrella. Le risque est de
fabriquer des enfants psychotiques .» Pourtant, depuis trente
ans, «toutes les études montrent que les enfants élevés par des
parents homosexuels n’ont pas plus de difficultés psychologiques
que les autres, souligne le célèbre psychanalyste Boris Cyrulnik.
Peut-être même vont-ils mieux, car ils ont souvent des parents
très aimants et très attentifs. Le danger serait d’ailleurs
plutôt là, dans ce souci de faire du zéro faute, puisque nous
savons bien que c’est aussi grâce aux erreurs de ses parents que
l’enfant se construit!»
Bien qu’il soit l’auteur de l’une de ces études (3), le
pédopsychiatre Stéphane Nadaud en souligne le caractère
éthiquement choquant. «Imaginez les mêmes travaux sur la
capacité des juifs à élever des enfants!» Les ténors de l’
homoparentophobie (Michel Schneider, Aldo Naouri, César Botella…)
brandissent encore l’épouvantail de l’indifférenciation des
sexes. Nadaud leur rétorque que « pour qu’un enfant soit trompé
sur la différence des sexes, il faudrait vraiment qu’il vive en
vase totalement clos!»
Fruit d’une amitié de vingt ans entre Joël et Nathalie et de
l’amour de deux couples gay et lesbien, Louise, un an et demi,
née par «insémination artisanale», distribue une pluie de
sourires. Un hochet à la main, elle trottine gaiement jusqu’à
l’album- photos que Joël lui tend. «Où elle est, maman?» Le
petit index vient frapper sans hésitation sur toutes les images
de Nathalie, sa mère biologique. «Et Sophie, où elle est?» La
«tata» de Louise est pointée en un éclair. «Et papa? et Gilles?»
Pas l’ombre d’une hésitation. S’il y a quelqu’un de perdu dans
cette coparentalité à quatre parents, ce n’est sûrement pas
elle! Louise a un papa, une maman, plus deux coparents. Ce
qu’ils réclament aujourd’hui, c’est des droits pour protéger
leur fille de tous les accidents de la vie.
-«Quand je vois cette petite fille qui nous donne tout ce
bonheur en partage, il m’est insupportable de penser que des
juristes et des politiciens s’arrogent le droit de discuter de
son droit à l’existence! déplore Joël. Comme il est absurde que
Gilles et Sophie ne puissent être reconnus en tant que parents
sociaux de leur fille.»Si Joël et Nathalie venaient à mourir,
Louise serait déclarée orpheline. Bien que
possédant encore deux coparents vivants. Où est l’intérêt de
l’enfant?"
Marie
Lemonnier
(1)
www.apgl.asso.fr
(2) «Des parents comme les autres», Odile Jacob, 2002.
(3) «Homoparentalité. Une nouvelle chance pour la famille?»,
Fayard, 2002.
Le Nouvel
Obs
Semaine du jeudi 20 mai 2004 - n°2063 - France
www.nouvelobs.com/articles/p2063/a241448.html |
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Mamans,
papas, les Homosexuels ne sont pas stériles...
Italie :
Record de familles homoparentales à Milan
Tetu.com12/12/06
par
Fausto Furio Colombo
Les familles homoparentales réclament une
rencontre avec Letizia Moratti, ancienne
ministre de l'Éducation sous Berlusconi et
actuelle maire de Milan. Elles veulent un
dialogue avec elle, en tant que maire et femme,
pour présenter leurs demandes aux institutions.
D'après le recensement de 2001, Milan n'est pas
seulement la ville avec plus de célibataires,
mais elle est aussi celle qui compte le plus de
familles homoparentales. Au 25 novembre, les
parents homosexuels inscrits à l'association
Famiglie arcobaleno
(Familles Arc-en-ciel)
étaient 109. Après le
premier congrès sur l'homoparentalité en Italie,
le chiffre a triplé.
Un
chiffre auquel on peut ajouter 70 enfants.
«Quand on discute du Pacs et des unions de fait,
on ne parle jamais de nos droits et des enfants
de gays et de lesbiennes,
affirme Giuseppina La
Delfa, présidente de l'association.
Il y a un silence total, une volonté évidente
d'ignorer cette réalité. On parle d'enfants
seulement s'ils sont adoptés. Nos enfants sont
déjà ici et nous revendiquons une loi qui les
protègent.» Récemment Barbara Pollastrini,
chargée du ministère de l'Égalité, s'adressant
aux couples qui s'engagent à partager la
responsabilité parentale, a inclut les gays et
les lesbiennes, en soulignant qu'il n'y a qu'en
Italie que l'on est encore obligé de le
spécifier. |
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La justice française reconnaît deux parents de même sexe ! |
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"Depuis le
jugement du tribunal de grande instance de Paris, rendu le 2
juillet 2004,
Carla Boni et Marie-Laure Picard sont toutes les deux reconnues
comme mères à part égale vis-à-vis de leurs trois filles.
Un premier jugement rendu le 26 juin 2001 avait d’abord accordé
l’adoption simple des trois filles à Carla, mère sociale des
enfants. Mais l’adoption supposait que Marie-Laure, mère
biologique, renonce à son autorité parentale.
La loi sur l’autorité parentale du 4 mars 2002 autorise
cependant la délégation de l’autorité parentale avec un exercice
conjoint, ce que Marie-Laure et Carla ont sollicité auprès du
juge aux affaires familiales. Dans son jugement du 2 juillet, la
cour accorde cette délégation à Marie-Laure, en évoquant
«l’intérêt des enfants». Désormais, les deux femmes
bénéficient des mêmes droits et des mêmes devoirs sur leurs
trois filles. «Nous sommes heureuses, bien sûr, se réjouit Carla.
Mais c’est surtout important pour nos filles. Qu’il y ait une
reconnaissance légale de leur famille, c’est sécurisant pour
elles, elles en sont fières.» Carla et Marie-Laure ne
s’attendaient pas à une décision positive : «L’audience ne
s’était pas très bien passée. Le procureur avait donné un avis
négatif en parlant de détournement de la loi, qu’il avait
d’ailleurs mal interprétée.» «Plus il y aura de cas comme les
nôtres devant la cour, plus il faudra reconnaître que c’est du
délire de devoir passer devant la justice pour ces droits.
Les officiers de police que nous avions rencontrés, lors de
l’enquête diligentée par le parquet, ne comprenaient pas qu’on
ait à faire cette démarche», raconte Carla."
Tetu.com17/09/04
(Voir
début du dossier plus bas... )
Opinion:
Démocratie,
une affaire de Juges ?
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Le
débat sur "l'homoparentalité" loin
d'être tranché
Reuters23/09/04
PARIS -Le ministre de la Justice
souhaite attendre que la justice tranche
définitivement la question de "l'homoparentalité"
avant de se prononcer sur la portée du
jugement accordant à deux homosexuelles
une autorité parentale conjointe sur
trois enfants.
"La jurisprudence n'est pas stabilisée.
Dans une affaire analogue, il y a eu
un pourvoi en cassation et je pense donc qu'il est
intéressant de voir ce que la Cour de cassation va
décider en cette matière", a déclaré Dominique
PERBEN jeudi
sur France info.
(...)
Suite :http://fr.news.yahoo.com/040923/85/42cgt.html |
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Deux mamans,
légalement
"Un jugement a permis pour la première fois en France à une
femme d’adopter les trois enfants de sa compagne."
"La
maison est belle. Située dans une des ces petites rues fleuries
de la capitale, elle respire la douceur de vivre. Une grande
baie vitrée s’ouvre sur de la verdure. Marie-Laure Picard
prépare le thé. Carla Boni s’installe à la grande table
familiale de la cuisine. Leur rencontre date de la classe de
quatrième. Depuis vingt-deux ans, elles partagent leur vie.
Aujourd’hui, âgées de quarante-trois ans, cette graphiste et
cette photographe élèvent ensemble leurs trois filles. " Notre
désir d’enfant a toujours existé. Nous ne sommes pas des êtres
particuliers. " Pourtant, le cheminement fut long. Il a
nécessité beaucoup de réflexion. " Les enfants viennent de
l’amour et pas d’une construction fictive. Nous ne vivions pas
d’histoire d’amour avec un homme. Il nous fallait donc étudier
toutes les possibilités. " Les portes de l’adoption restant
fermées pour les couples homosexuels, les moyens sont restreint.
" Une femme seule peut adopter un enfant. Nous aurions pu mentir
sur notre couple, mais notre vie s’est bâtie sur la vérité,
raconte Carla. Tout aurait été faussé devant les partenaires
sociaux. " Reste l’insémination artificielle. " À l’époque, nous
organisions des petits repas tous les trois mois avec deux
couples d’amis hétérosexuels. Dans l’un des couples, l’homme
était stérile, pour l’autre, c’était la femme. Notre grand
bonheur, c’est que, la même année, nous sommes tous parvenus a
accueillir notre premier enfant. " Giulietta voit le jour en
juin 1994. La loi de bioéthique n’étant pas encore passée,
Marie-Laure est inséminée par un gynécologue en France. Pour les
deux autres filles, elles se rendent en Belgique. " Nous sommes
allées à l’hôpital de la fertilité. Ouvert aux couples homos
depuis 1981, nous avons rencontré un psychologue et le comité
d’éthique nous a donné l’accord. " Marie-Laure, plus fertile que
Carla, portera à nouveau les deux enfants. Luana naît en février
1997, suivi de Zelina en novembre 1998. Pas question pour Carla
et Marie-Laure de cacher la vérité à leurs filles : " Avant même
qu’elles naissent, on leur expliquait pourquoi elles ne
connaîtraient jamais leur père ", confie Carla. " Il fallait
qu’elles comprennent qu’elles n’étaient pas nées grâce à
l’opération du Saint-Esprit ", poursuit Marie-Laure. Toutes deux
trouvent les mots justes : " Papa a donné une petite graine au
médecin, qui l’a donnée ensuite à maman. " Si la loi
l’autorisait, Carla précise qu’elle aurait été contente de
connaître l’identité du donneur. " Mais pour nous, un donneur
est par nature quelqu’un de généreux. Car il est ouvert à l’idée
que son sperme puisse être utilisé par des couples de
lesbiennes. " Aujourd’hui, Marie-Laure et Carla sont
respectivement présidente et vice-présidente de la crèche qui
accueille leurs deux filles cadettes. Sans jamais justifier le
fonctionnement de leur famille " pas comme les autres ", elles
sont toujours prêtes à expliquer. " Les éducateurs, les
instituteurs ont besoin de comprendre, c’est normal, affirme
Marie-Laure. Nous assumons nos rôles. " À la maison, les filles
appellent Marie-Laure " maman " et Carla " mammina " (maman en
italien). " Carla étant italienne, nos trois filles portent des
prénoms italiens. Comme je les ai portées toutes les trois, il
était important qu’elles grandissent dans la culture italienne
de Carla. C’est un bon équilibre. " Les parents de Carla
exercent pleinement leur rôle de grands-parents. Et Carla se
souvient du jour où Giulietta a intégré qu’elle portait le nom
de ses deux mamans : " Moi, je m’appelle Picard-Boni. "
Mais c’est le 27 juin dernier qui marque une date importante
pour toute la famille. Ce jour-là, le tribunal de grande
instance de Paris permet pour la première fois en France à Carla
d’adopter les trois filles portées par Marie-Laure. " Nous
voulions lier Carla légalement aux filles, se souvient
Marie-Laure. Lorsque nous avons engagé la procédure en septembre
2000, nous avons fait les choses en toute clarté. Nous étions
pacsées. Mais tout le monde nous disait que nous n’y arriverions
jamais. " Pour convaincre, elles joignent au dossier plus de 40
témoignages de membres de la famille, d’amis, d’instituteurs. "
Nous sommes passés devant un inspecteur de police. À notre
grande surprise, il a jugé notre demande recevable. " Le 27
juin, les deux noms sont portés sur les actes de naissance des
trois filles. Reste une étape à franchir. L’ultime. L’adoption
simple transfère au seul parent adoptif l’exercice de l’autorité
parentale. Concrètement, Marie-Laure, en tant que mère
biologique, a perdu l’autorité parentale au profit de Carla, la
mère adoptive. Elles réclament donc aujourd’hui un partage
équitable. Mais Marie-Laure se veut patiente : " Pendant sept
ans, Carla n’avait aucun droit sur les filles. Je peux bien
attendre aussi... " Priver la mère biologique de son autorité
parentale est bien ici un non-sens. C’est pour cela que Carla et
Marie-Laure acceptent librement de raconter leur histoire. Une
histoire de famille. Une histoire intime. " C’est un espoir pour
tous ceux qui souffrent encore, confie Carla. Cela va dans le
sens de la visibilité de l’homosexualité. Nous voulons montrer
que l’adoption a été possible et que les enfants se portent
bien. " Une bonne illustration de l’importance d’ouvrir le pacs
à l’adoption des couples homosexuels. De la reconnaissance de l’homoparentalité."
M. D.
article :
http://www.humanite.presse.fr/journal/2001-11-17/2001-11-17-253623
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