-"La vie amoureuse de ma mère
est une infime partie de ce qu'elle
est,
et ça n'a pas influencé
l'éducation ni l'amour qu'elle m'a
donné"Ludovic 18 ans (Journal 20 ')
arte radio.com la radio en ligne qui propose des reportages, des témoignages, interviews, auteurs, making of, coulisses de la création... Fichiers son à télécharger "Le GAY BAVOIR"Excellent Reportage/Interview (voir ci-dessous) www.arteradio.com/tuner.html
Les
Homos
font-ils
des
parents
idéaux ?
Réalisation
Matthieu
Crocq -
Maëlle
Fouquenet
-
Enregistrements:
février
2006,
mars &
juillet
2007
"Tous
deux
homosexuels
et par
ailleurs
très
bons
amis,
Anne et
David
ont
décidé
d'avoir
ensemble
un
enfant.
Ils
témoignent
de cette
coparentalité
sur une
période
de plus
d'un an,
du désir
d'enfanter
à leur
vie
après la
naissance
de deux
jumeaux.
Désormais
parents,
ils se
révèlent
très
attachés
aux
valeurs
traditionnelles
d'éducation,
tout en
n'ayant
pas de
rapports
sexuels
ensemble.
Question
embarrassante
: ces
couples
sans
amour,
sans
sexe ni
affects,
feront-ils
des
familles
heureuses
et
durables
"
Karine
et Elodie ne désarment pas
!
Source Ouest-France- 05/12/2007 Le couple
était en appel ce mercredi à
Rennes Les 2 jeunes femmes
réclament toujours l'obtention d'un congé
paternité pour la naissance des enfants
portés par chacune d'entre elles. Un droit
que ne leur reconnaît pas la loi.
Une
famille comme les autres témoignages d'une
famille homoparentale
(...) "La vie au foyer avec
«le copain de ma mère»
ou «la femme de mon
père» est une réalité
pour 1,6 million
d’enfants en France.
Pour ces beaux-parents,
le gouvernement souhaite
créer un «statut» légal
qui n’exclurait pas les
couples homoparentaux.
C’est la «belle-doche»
ou le «beau-père»,
parfois on entend plutôt
«le copain de ma mère»
ou «la femme de mon
père». On parle aussi de
«parent social» ou de
«parent d’addition».
Bref, on ne sait pas
quelle appellation
donner au beau-parent.(...)
Source Reuters et
LIBERATION QUOTIDIEN
25/26.12.2007
suite :
http://unefamillecommelesautres.hautetfort.com
IN-JUSTICE : Jusqu'à
QUAND ?
Jusqu'à quand la
démocratie des
tribunaux ???
Deux mères
françaises, unies
aux Québec, se voit
refuser la
naturalisation de
leur fils par la
France
Le petit garçon de
deux mères
françaises établies
et unies au Québec,
ne parvient pas à
obtenir la
nationalité
française. Le
consulat lui refuse
du fait de son acte
de naissance
considéré comme
"contraire à l'ordre
public français".
Toutes deux
françaises, Mathilde
et Séverine forment
une union civile au
regard de la loi
québécoise depuis
2005. Elle sont les
mères d'un petit
Lucien né d'une
procréation
"amicalement
assistée", comme la
nomme le code civil
québécois. Ce qui
signifie en clair
qu'un des deux
parents est la mère
biologique de
l'enfant.
Pourtant, malgré
cette situation
plutôt bien cadrée
du point de vue
légal, leur fils ne
parvient pas à
obtenir la
nationalité
française. L'affaire
a été révélée
vendredi par le site
Rue89.
En septembre
dernier, par
précaution, les deux
mères établissent
leur testament et
entreprennent à cet
effet de faire
naturaliser leur
fils auprès du
consulat général de
France à Montréal.
Une simple
formalité,
pensent-elles, dans
la mesure où elles
acceptent d'inscrire
Lucien uniquement
sous le nom de sa
mère biologique.
Mais tout se
complique; le
consulat général de
France à Montréal
refuse de transcrire
l'acte de naissance
de l'enfant
prétextant que "les
énonciations
figurant dans son
acte québécois sont
contraires à l'ordre
public français
(...)
Source : e-llico.com
, suite LOS :www.los.ch/artikel/artikel.php?ID=1168&rubrik=159
APPEL /Témoignages
:
Le
magazine de Jean-Luc
Delarue sur France
2,
souhaite
donner la
parole à des enfants
d'homos.
Comment se
construit-on quand
on a eu deux mamans
ou deux papas?
Comment faire face
aux regards des
autres quand son
père ou sa mère est
homosexuel(le)?Quelle
différence entre les
enfants issus de
familles
homoparentales ou
les enfants issus de
familles hétéro dont
l'un des parents
révèlent son
homosexualité?Telles
sont les questions
auxquelles nous nous
proposons de
répondre.
A titre d'exemple, voilà le
type de témoignages que nous
recherchons:
-Vous
êtes ou avez été élevé(e)
par deux parents de même
sexe.
-Votre père ou votre mère
est parti pour quelqu’un du
même sexe.
-Vous avez souffert de
grandir dans une famille
homoparentale.
-Etre
enfant de parents du même
sexe, n’a rien changé à
votre vie.
-Etre
enfant de parents du même
sexe, vous a apporté un plus
(tolérance, ouverture vers
les autres, originalité…)
-Gays ou lesbiennes, vous
vous battez pour que votre
enfant soit un enfant comme
les autres
-Votre ex est parti avec une
personne du même sexe et
vous vous faites du souci
pour l'éducation de vos
enfants
Peut-être vous sentez-vous
concerné(e) ou
connaissez-vous quelqu'un
qui pourrait l'être.
Si vous désirez participer
ou si vous voulez davantage
de renseignement,
contactez-moi par e-mail à
slabboz@reservoir-prod.fr
ou par téléphone au
0153843381
(journaliste)
Sophie Labboz
.................................................................................................................................................................
retour
Les gays se cachent pour
adopter...
Article publié le 03 Février
2007 - Par Anne Chemin -
Source : LE MONDE
Extrait : "ELLES
sont allées chercher Pauline
au Vietnam ensemble, elles
se sont levées toutes les
deux la nuit pour les
biberons et pour la fièvre,
mais aux yeux de la loi,
seule l'une d'elles est
considérée comme la mère de
l'enfant. « Lorsque j'ai
demandé un agrément pour
l'adoption, je ne leur ai
pas dit que j'étais
homosexuelle pour éviter un
refus, raconte Sophie. Je me
suis présentée comme
célibataire et ils m'ont
délivré l'agrément. Mais, du
coup, l'adoption est
uniquement à mon nom. »
Depuis 2005, Sophie et sa
compagne, Véronique, élèvent
ensemble une petite fille
d'origine vietnamienne qui
aura bientôt deux ans. "
PORTRAIT AVEC ENFANT D'UNE
FAMILLE HOMOPARENTALEPascale
Krémer - Le Monde du 050202 Agnès, la mère, est
lesbienne ; Thierry, le père,
est homosexuel. Ensemble, ils
ont fondé une famille en
coparentalité autour de leur
petite fille, Aurian...
Suite :
http://eklektik2.free.fr/coparent.htm
Nous,enfants d’homos
de
Stéphanie Kaim Editions
de La Martinière
Homoparentalité, une
génération témoigne.3,90
€ - 170 pages - Nov. 2006
En France, élever des enfants
lorsque l’on est homosexuel
demeure un tabou. Pourtant, la
réalité devance les mentalités :
ainsi, de nombreux couples
d’hommes ou de femmes recourent
à des méthodes alternatives pour
accueillir des enfants au sein
de leurs foyers. Relevant
parfois du « bricolage », leurs
pratiques, et les efforts
qu’elles nécessitent pour leur
permettre de devenir parents,
témoignent d’une motivation qui
ne demande qu’à être légitimée.
Convaincue que des témoignages
contribueront à nourrir et à
orienter ce débat, Stéphanie
Kaim s’est tout d’abord rendue
en Californie - berceau de
l’homoparentalité dans le monde,
où deux générations de personnes
élevées par des parents
homosexuels ont grandi* - et ce,
afin de confronter les mœurs
américaines et françaises ; en
France, elle a ainsi mené
l’enquête auprès de nombreuses
familles homoparentales issues
de générations et de milieux
variés. A partir de ces
entretiens, elle restitue le
quotidien et les difficultés,
(les
joies aussi) rencontrées par ces
familles complexes et attachantes.
Sans fausse pudeur, les individus
interviewés répondent à des
questions cruciales : se sent-on
vraiment un enfant ou un adolescent
comme les autres quand on est élevé
par des parents homosexuels ? Quelle
est alors notre sexualité ? Quelle
perception du genre développe t-on ?
Enfin, quel regard porte la
communauté gay sur ces enfants dont
certains, ayant choisi
l’hétérosexualité à l’âge adulte,
éprouvent alors la nostalgie d’une
certaine « culture gay » ?
* Aux Etats-Unis, la visibilité des
ces familles s’est tant accrue que
l’on a fini par lui donner le nom de
gayby boom. Stéphanie
Kaim,
diplômée de Sciences
Po,détentrice d’une maîtrise
de philosophie et d’un DESS de
communication audiovisuelle,
est
journaliste. Elle a ainsi réalisé de
nombreux documentaires pour la
télévision (Arte, France 5, Canal
Plus…) portant sur des sujets tels
que l’homoparentalité – documentaire
à l’origine de cet ouvrage – mais
aussi sur les adolescents à l’ère de
l’Internet et du virtuel, sur le
nouveau départ dans la vie à l'âge
de la retraite, etc. Thèmes qu’elle
a traités avec tact et sensibilité.
Editions
de La Martinière - 5, rue Jacques
Callot - 75006 Paris -
courriel :
cmatera@lamartiniere.fr
Grandir dans une famille
homoparentale
Source
: Le Soleil CyberPresse
(canada) par Caroline
Beauchamp02/12/2006
"Vous
êtes de ceux qui croient
qu’un enfant doit
nécessairement avoir un père
et une mère pour s’épanouir
et grandir sainement ? Que
l’infécondité naturelle
d’une union entre personnes
de même sexe permet de
conclure que « ce n’est pas
naturel », et donc, pas
souhaitable ? Anne-Marie
Ambert, sociologue de la
famille à l’Université de
York, a entendu ces
arguments nombre de fois.
-« Les gens pensent que la
famille traditionnelle, qui
présente le modèle féminin
et le modèle masculin, est
la recette idéale,
souhaitable au développement
harmonieux de l’enfant,
notamment au plan de son
identité sexuelle »,
explique-t-elle. Or, il
semble bien que cette
croyance gagnerait à être
actualisée. « Un enfant ne
doit pas nécessairement
avoir un père et une mère,
c’est une conclusion
prématurée, affirme-t-elle
sans ambages. Ce que les
recherches montrent, c’est
qu’il est préférable pour un
enfant d’avoir deux parents,
peu importe leur sexe. »
Même son de cloche chez Line
Chamberland, sociologue à l’UQAM.
« Le fait d’être homosexuel
n’a pas d’incidence sur la
qualité de parent, ça n’a
rien à voir », dit-elle.
À leur avis, le défi des
enfants élevés par des
parents de même sexe se
situerait plutôt sur le plan
des préjugés sociaux.
L’enfer, c’est les autres ?
Pas nécessairement, si l’on
en croit l’expérience d’une
famille de Québec."
http://www.cyberpresse.ca/article/20061202/CPSOLEIL/61202093/6037/CPSOLEIL
Marie-Claude Carrière et sa
petite famille. Pour les
experts, le fait d’être
homosexuel n’a pas
d’incidence sur la qualité
de parent. « Un enfant ne
doit pas nécessairement
avoir un père et une mère,
c’est une conclusion
prématurée,
affirme la sociologue
Anne-Marie Ambert.
Ce que les recherches
montrent, c’est qu’il est
préférable pour un enfant
d’avoir deux parents, peu
importe leur sexe. »
EXPLIQUER AUX ENFANTS AVEC DES MOTS SIMPLES... extrait Interview Claire BRETON
sur le journal gratuit
20min.-article Jeanne Dréan du 24/06/2005
"J'AI 2 MAMANS, c'est un secret"
- Claire BRETON
Editions LEDUC.S - 2005
"J’ai
trois ans quand ma mère quitte
mon père... pour une femme. Je
vais donc vivre pendant douze
ans, avec mes deux mamans, sans
rien soupçonner. Et c’est par
hasard, à quinze ans, que
j’apprends brutalement la
vérité. Aujourd’hui, grâce à ce
livre, je vais enfin pouvoir "
en " parler avec ma mère. Quelle
sera sa réaction ? " Ce livre
est un témoignage : claire
Breton a 15 ans quand elle
réalise combien l’homosexualité
de sa mère et de sa " tante " a
pesé sur son équilibre. Ce
livre est aussi une enquête.
L’auteur a interrogé des enfants
élevés par un couple homosexuel.
Ils sont au moins 100 000 en
France, aujourd’hui. Elle a
voulu savoir s’ils avaient
traversé les mêmes difficultés,
s’ils avaient inventé les mêmes
mensonges pour protéger leur
famille et se protéger eux-mêmes
du regard des autres"
- Pourquoi avoir écrit ce livre
témoignage ? J'avais d'abord envie de passer
au dessus de l'omerta familiale...
Enfin il me semble nécessaire de
faire avancer le débat sur l'homoparentalité.
Torp intellectualisé, il ne se
soucie pas assez des familles et
surtout des enfants concernés.
-Quelles
difficultés rencontrent ces familles
au quotidien ? Le regard des autres est pesant,
surtout pour les enfants qui ont
besoin de conformité.
Les parents eux ont peur d'être
jugés par leur enfant et n'osent pas
expliquer la situation avec des mots
simples, alors qe c'est la solution.
L'absence de cadre juridique pour le
parent social est aussi
problématique...
"UN
HOMME ET UNE FEMME NE FONT PAS UN ENFANT
- Conférence Maurice GODELIER
L'anthropologue intervient dans un cycle
sur l'embryon à la Cité des Sciences à
Paris
Journal 20' 31/01/2005 "Un enfant n'est pas terminé avant
d'être construit socialement "
"(..)La parentalité sociale s'élargit
aux dépens de la filiation génétique.
(...) Et le débat sur l'homoparentalité ?
C'est un tournant majeur. Si on légalise
la famille homosexuelle... les sociétés
occidentales vont pourtant dans ce
sens-là et il vaut mieux accompagner le
mouvement. Après la Hollande, l'Espagne
vient de légaliser le mariage
homosexuels. Si l'on avait regardé plus
tôt nos cousins les Bonobos on
aurait vu qu'ils sont à la fois homo et
hétérosexuels, les primatologues
semblent avoir eu bien du mal à
"découvrir" que les "deux sexualités
sont naturelles".. D'autre part on ne
peut pas dire que l'hétérosexualité
donne une garantie sur l'éducation des
enfants. Dans le débat qui va
nécessairement s'ouvrir à l'occasion de
la prochaine campagne électorale, les
politiciens vont être obligés de prendre
position sur l'homoparentalité."
Extrait interview Maurice
GODELIER pour le journal 20".fr - Propos recueillis par
Luc Brunet
......................................................................................................................................................
retour
Interview
Nouvel Observateur -
Semaine du jeudi 3 octobre 2002n°1978 - Notre époque
Le nouveau désordre familial - Parents homos: «C’est le sens de
l’histoire» La
psychanalyste Elisabeth Roudinesco plaide pour la reconnaissance de l’homoparentalité.
Dans son livre "La
Famille en désordre"
elle retrace depuis le XVIIIe siècle le parcours de cette tribu insolite
qu’est la famille
Le Nouvel Observateur. – Vous décrivez dans votre ouvrage les grandes
mutations de la famille. Quel est selon vous le plus grand bouleversement
qu’elle ait subi? Elisabeth Roudinesco. – La perte de l’autorité paternelle,
sans doute. «En coupant la tête du roi, la Révolution a fait tomber la
tête de tous les pères de famille», a écrit Balzac. Au cours du xxe siècle,
le père a perdu la quasi-totalité de ses pouvoirs. Les femmes, libérées
par la contraception, se sont progressivement émancipées, jusqu’à décider,
dans certains cas, de se passer des hommes pour fonder un foyer. Les fils
se sont mis à critiquer la toute-puissance des patriarches. La famille
s’est maternalisée, privilégiant la relation mère-enfant. Depuis, les
pères tentent difficilement de trouver leur place. La famille
contemporaine est totalement désordonnée, c’est une tribu insolite,
fragile et névrosée…
N. O. – … une tribu qui selon vous n’a jamais été autant
plébiscitée. E. Roudinesco. – Après avoir été tant critiquée en
1968, elle est maintenant aimée, rêvée. On lui demande d’être tout
à la fois: le creuset de l’épanouissement individuel, du bonheur et du
plaisir sexuel, la grande forteresse dans laquelle se ressourcer dans un
monde dépressif… Ainsi la famille contemporaine se cherche, se
transforme, elles est monoparentale, homoparentale, recomposée, déconstruite…
Et pourtant elle reste la cellule de base de la société, notamment parce
qu’elle est indispensable à la structuration du sujet. C’est ce que
Freud entendait démontrer avec la thèse du meurtre du père et de la réconciliation
nécessaire des fils avec la figure paternelle. La famille, c’est le
lieu par lequel le sujet construit inconsciemment son autonomie, à
travers une relation conflictuelle avec ses parents, représentants de
l’autorité.
N. O. – Remplit-elle toujours aussi bien ce rôle, alors que
l’autorité paternelle est en crise? E. Roudinesco. – Je ne fais pas partie des
souverainistes qui s’alarment de la fin de l’autorité de l’école,
de la République ou du père. Je ne crois pas que la paternité soit réellement
en danger, bien qu’elle ait tout perdu. Un certain type d’autorité
est en train de disparaître, mais la société va accoucher d’autres
formes d’ordre symbolique. Au xixe, les penseurs conservateurs
redoutaient l’émancipation des femmes. Ils disaient: «Si elles
travaillent, si elles se mettent à porter des pantalons et à revendiquer
une sexualité épanouie, c’est la fin de la différence des sexes et la
mort de la famille.» C’était simplement la fin d’un certain mode de
famille… Aujourd’hui, on n’accuse plus les femmes, mais les
homosexuels. L’homophobie actuelle traduit la même peur qu’une sorte
d’apocalypse ne vienne ravager la société.
N. O. – Ce sont d’ailleurs les homosexuels, leur désir
revendiqué de se mettre en couple et d’élever des enfants qui vous ont
amenée à vous intéresser à la famille… E. Roudinesco. – C’est vrai, je ne m’attendais pas
à ce que les homosexuels souhaitent recréer un ordre familial qu’ils
avaient si longtemps, si violemment contesté. Je suis désormais persuadée
que le sida, qui a décimé toute une génération très jeune, a dû
considérablement accroître le désir des gays d’engendrer et de
transmettre. J’ai écouté les débats sur l’homoparentalité et
j’ai été très frappée par la violence des propos tenus par certains
psychanalystes. Ils se sont posés en pseudo-experts, ont affirmé: «C’est
impensable, impossible, parce que c’est contraire à la nature, au
complexe d’Œdipe, parce que ça ne s’est jamais vu», sans aucun
recul, sans jamais essayer de comprendre ce qui se jouait là, dans ce
mouvement de l’histoire. A force d’être sollicités par les pouvoirs
publics et les médias, certains représentants des sciences humaines ont
aujourd’hui tendance à s’ériger en gendarmes ou en techniciens du
bien et du mal, ce que je trouve dangereux.
N. O. – Comment expliquer ces réactions? E. Roudinesco. – Pour la première fois en Occident,
des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte
sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui
a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. A
la limite, on pouvait imaginer que des homosexuels puissent élever des
enfants, mais l’idée qu’ils veuillent le faire en couple a été un
choc… N. O. – Vous militez aujourd’hui pour une reconnaissance des
familles homoparentales. Pourquoi? E. Roudinesco. – A partir du moment où l’on considère
l’homosexualité comme une sexualité ordinaire, je ne vois pas pourquoi
on continue à discriminer les parents gays et lesbiens. D’autant que
personne ne peut dire que les enfants d’homosexuels sont plus perturbés
que les autres, qu’ils sont élevés avec moins d’amour et
d’attention. Il faudra bien admettre un jour qu’ils portent, comme
d’autres, la trace singulière d’un destin difficile. Et il faudra
bien admettre aussi que les parents homosexuels sont différents des
autres parents. C’est pourquoi notre société doit les accepter tels
qu’ils sont, en leur accordant les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Et ce n’est pas en se contraignant à être «normaux», à participer
à des enquêtes prouvant que leurs petits vont parfaitement bien ou sont
à l’aise avec le sexe opposé que les gays et lesbiennes parviendront
à prouver leur aptitude à être de bons parents. Car, en cherchant à
convaincre ceux qui les entourent que jamais leurs enfants ne deviendront
homosexuels, ils risquent de donner d’eux-mêmes une image désastreuse.
Rappelez-vous: tous les enfants héritent dans leur inconscient de
l’enfance de leurs parents, de leur désir et de leur histoire.
N. O. – C’est pour cela que vous critiquez la culture du
secret, qui, dans les adoptions mais aussi dans les PMA (procréations médicalement
assistées) avec donneur inconnu, conduit à dissimuler les origines
biologiques de l’enfant…
E. Roudinesco. – Je pense que ces habitudes françaises, qui
consistent à assimiler filiation adoptive et biologique, ont vécu. On
l’a vu d’ailleurs très clairement lors des débats sur la réforme de
l’accouchement sous X. Les enfants adoptés ou nés sous X revendiquent
aujourd’hui le droit de connaître leur histoire. Nul n’échappe à
son destin, l’inconscient vous rattrape toujours.
N. O. – Mais faut-il toujours tout dire? Avouer par exemple à
un enfant qu’il a été conçu avec le sperme d’un inconnu?
E. Roudinesco. – Non, évidemment. Je ne suis pas pour assommer
tout le monde avec des vérités dès l’âge de 2 ans. Dans ce domaine,
chaque histoire est inédite, et il faut réfléchir au cas par cas. Mais,
à mon sens, les enfants adoptés ou issus de la PMA ne sortent jamais
indemnes des perturbations liées à leur naissance. Il faut rester
ouvert, être attentif à leurs questions, s’ils en posent, et surtout
ne pas chercher à cacher la vérité. L’idéal serait de trouver une
position équilibrée entre le système de transparence absolue à l’américaine
et le système de dissimulation à la française, lequel, ne l’oublions
pas, reposait autrefois sur une intention généreuse d’égalité des
droits entre les enfants issus de différentes filiations. Propos
recueillis par Sophie des Déserts
La Famille en désordre - Ed. Fayard
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retour
Deux
mères valent-elles mieux qu'une?
Par Karen X.
Tulchinsky
photo GayBarcelona
"Mon
amie et moi avons décidé d'avoir un enfant.
Nous formons
un couple depuis quatre ans et sommes propriétaires d'une
maison entourée d'un joli jardin et d'une clôture en bois.
Nous vivons une relation fondée sur un engagement à long
terme et des liens d'amour profond, et adorons les enfants.
En bonne santé et en pleine maturité, nous jouissons du
soutien de nombreux parents et amis. Mais il y a un petit
problème. Nous n'avons pas de sperme. Comme nous sommes
lesbiennes, le sperme ou le fait de ne pas en avoir n'a
jamais vraiment compté parmi nos préoccupations. Mais voilà
que cette substance occupe maintenant une grande partie de
nos pensées : nous nous intéressons aux moyens d'en
obtenir et considérons avec émerveillement l'impact
qu'elle aura sur nos vies.
Jusqu'à tout récemment, tout le monde tenait pour acquis
que les lesbiennes n'avaient pas d'enfants. L'un des plus
profonds regrets éprouvés par les parents de bien des
personnes homosexuelles tient au fait que nous ne leur
donnerons pas de petits-enfants. Même s'il a toujours été
possible, sur le plan biologique, pour les couples gais d'être
parents, rares étaient ceux qui y aspiraient. Après tout,
dans les années 70, les lesbiennes étaient trop occupées
à organiser des festivals de musique et des défilés de la
fierté gaie, à assurer des services d'aide dans des
maisons d'hébergement pour femmes, à jouer à la balle
molle, à gérer des cafés et à lutter pour l'égalité
des droits.
Mais au début des années 80, de nombreuses femmes réalisèrent
que l'expression "mère lesbienne" était loin d'être
une folie. Ce fut le début du baby boom lesbien. Ainsi, des
lesbiennes de tous les coins de l'Amérique du Nord troquèrent
leurs pancartes contre des biberons, leurs motocyclettes
contre des poussettes, leurs chemises à carreaux contre des
soutiens-gorge d'allaitement et leurs vestes de cuir contre
des anneaux de dentition.
Lorsque mon amie et moi avons pris la décision d'avoir un
enfant, nous avons établi que ce serait elle qui le
porterait. Mais il y avait d'autres facteurs à considérer,
au nombre desquels figurait, vous l'aurez deviné, le
sperme. Valait-il mieux faire appel à un donneur anonyme ou
a une connaissance? Devions-nous inclure dans notre projet
un ami, que l'enfant apprendrait à connaître en sachant
qu'il est son père "biologique", ou nous inscrire
à un programme d'insémination artificielle dans une
clinique de fertilité?
Après de nombreuses discussions, nous avons opté pour un
programme anonyme d'insémination artificielle. Comme de
nombreux couples homosexuels aux prises avec des problèmes
de fertilité, nous ne voulions pas d'une troisième
personne dans nos vies. Mais pour les couples lesbiens, une
autre question se pose inévitablement: tout enfant ne
devrait-il pas avoir dans son entourage une personne de sexe
masculin?
Des hommes, il y en aura dans la vie de notre enfant. Nous
avons des frères, des cousins et des amis. Notre enfant
aura une multitude d'oncles. Mais ce n'est pas ce qu'ont
habituellement en tête les personnes qui posent cette
question. Pas du tout.
Ce qu'ils veulent dire, c'est: votre enfant n'a-t-il pas
besoin d'un père?
Peut-être.
Dans le
dictionnaire, le mot père est défini de la façon suivante
: 1. Homme qui a engendré, qui a donné naissance à un ou
plusieurs enfants à partir de la fertilisation d'un ovule.
2. Homme qui a un ou plusieurs enfants qu'il élève. 3.
Personne à qui l'on doit un certain respect. Voyons voir.
J'ai l'intention d'élever notre enfant. Je prends part au
processus de conception et je crois être une personne qui mérite
un certain respect. Par conséquent, je pourrais fort bien
être le père. Et si notre enfant demande qui est son géniteur,
nous lui dirons la vérité.
Ainsi, après avoir réglé cet aspect de notre projet, nous
avons pris rendez-vous avec notre médecin, qui nous a
orientées vers la clinique Genesis Fertility, laquelle
fournit régulièrement du sperme à des futurs parents, hétérosexuels
ou homosexuels, sur recommandation d'un médecin. Lors de
notre première visite, nous avons anxieusement pris place
dans une salle d'attente décorée avec goût de fauteuils,
d'aquariums, de plantes et de tables de salon en bois
d'acajou poli, le tout baignant dans l'éclairage discret de
lampes sur rails. Sur des étagères se trouvaient des dépliants
et des revues traitant de fertilité et de politique
familiale. Nous avons feuilleté un numéro de la revue Parenting
Today en attendant notre tour.
Quelques minutes plus tard, on nous fit entrer dans le
cabinet du médecin de la clinique, qui prit connaissance de
notre statut de parents de même sexe sans pour autant
porter de jugement. Elle nous expliqua ensuite que mon amie
subirait un examen médical complet, après quoi nous
allions devoir choisir un donneur de sperme, établir les
dates importantes du cycle de ma conjointe puis revenir à
la clinique pour l'insémination. "Cela pourrait
prendre un certain temps, prévint le médecin. Préparez-vous
à vivre une période mouvementée."
Elle nous accompagna alors jusqu'à une salle privée et
nous remit un volumineux classeur, pour que nous procédions
au choix d'un donneur adéquat. A l'intérieur du document
se trouvait un bref profil d'une page pour chaque donneur,
numéroté et anonyme. Nous devions effectuer une première
sélection en vue d'en arriver à une poignée de possibilités;
ensuite, un rapport de cinq pages nous serait remis pour
chaque homme retenu. Ces rapports plus approfondis
comprenaient une description détaillée des caractéristiques
du donneur, notamment physiques. Sa taille, son poids, la
couleur de ses cheveux et de ses yeux, son origine ethnique,
son métier, ses loisirs, son groupe sanguin, la personnalité
publique à qui il ressemble, s'il a ou non les lobes
d'oreilles décollés, s'il possède des proches parents,
s'il souffre de maladies héréditaires ou d'allergies. A la
dernière page, on pouvait lire un essai rédigé par le
donneur, intitulé "Pourquoi j'ai décidé de faire un
don de sperme". Cette partie n'était sans doute pas
vraiment indispensable, mais elle nous a néanmoins aidées
à faire notre choix. Le donneur que nous avons choisi, le
numéro 6974L, avait écrit à propos de sa famille, de son
enfance, de ses intérêts et de ses passions avec beaucoup
de charme et d'honnêteté. Et ses lobes d'oreilles n'étaient
pas décollés. Il était parfait. Nous avions trouvé notre
homme.
Il fallait maintenant attendre le bon moment. Pendant
plusieurs mois, nous avons pris note des fluctuations du
cycle de mon amie afin de déterminer le jour exact de
l'ovulation. Puis nous avons constitué une trousse de
"conception" comprenant un ourson en peluche, un
biberon, une photo du regretté père de mon amie, un
lecteur de cassettes portatif et une cassette de chansons
pour enfants. Le jour venu, nous nous sommes rendues à la
clinique, à l'autre bout de la ville, pour notre première
tentative d'insémination.
A la clinique, la réceptionniste nous invita à prendre
place dans la salle d'attente, où patientaient d'autres
couples visiblement nerveux. Nous avons feuilleté une revue
d'une main fébrile en attendant que notre nom soit appelé.
La salle d'insémination, plutôt petite, avait une grande
fenêtre à travers laquelle on pouvait admirer un très
romantique paysage montagneux. Mais dans un coin se trouvait
un bureau d'infirmière sur lequel traînait un terrifiant
assortiment de gants de latex, de seringues, de tampons
d'ouate et de spéculums. Les murs étaient couverts de schémas
en couleurs, très peu romantiques, représentant l'appareil
reproducteur féminin. La table d'examen gynécologique,
plutôt imposante, était recouverte de papier blanc et
munie d'étriers en acier inoxydable. On nous informa qu'une
technicienne était en train de dégeler notre fiole de
potion magique: le sperme.
L'environnement avait une froideur plutôt clinique, mais
nous étions résolues à ce que notre enfant soit conçu
avec amour. Pendant que mon amie enfilait une blouse en
papier vert et prenait place sur la table d'examen, j'ai
installé notre lecteur cassettes, dans lequel j'ai inséré
notre choix musical. Les premières notes de Polly Wolly
Doodle, interprétée par Burl Ives, envahirent aussitôt
la pièce. Ensuite, je disposais joliment l'ourson en
peluche, le biberon et la photo sur le sol. Lorsque
l'infirmière revint, elle nous adressa un sourire. Elle se
mit même à chantonner Little Red Caboose, en choeur
avec le groupe Sweet Honey In the Rock. Elle avait dans les
mains une petite fiole de plastique qu'elle tenait devant
nos yeux. "Numéro 6974L, n'est-ce pas?"
"C'est bien ça", répondis-je. Nous avions depuis
longtemps mémorisé le numéro de notre donneur. 6974L.
Comme un chant magique.
La procédure d'insémination est plutôt simple. On injecte
du sperme dans l'utérus de la femme à l'aide d'une
seringue munie d'un long tube mince conçu pour atteindre
l'utérus, au-delà du col. L'infirmière installa
l'appareil, puis se retira. Ensuite, en regardant profondément
dans les yeux de mon amie, et avec tout mon amour, je
pressai sur le piston avec le pouce.
Il existe une multitude de théories en ce qui a trait à la
fécondation. Certaines personnes affirment que des rapports
sexuels aboutissant à l'orgasme contribuent à accélérer
le processus. Sans donner de détails, je dirais simplement
que de retour à la maison, après avoir effectué la partie
intime de notre rituel de conception, j'ai prescrit à mon
amie un demi-verre de vin et un jour entier de repos au lit.
J'ai également placé un coussin sous ses jambes pour les
maintenir élevées. Comme pour la soupe au poulet, il était
possible que ma prescription s'avère inefficace. Mais je me
disais que ces mesures ne pouvaient certainement pas nuire.
Il se trouve qu'il est toujours plus facile de tomber
enceinte quand on ne le souhaite pas. Ainsi, nous attendons
toujours, nous n'avons pas cessé d'essayer et nous avons eu
amplement le temps de penser aux conséquences de notre décision.
Il y a des années, lorsque j'annonçais à ma mère que je
désirais avoir un enfant un jour, elle poussa un cri comme
si un désastre venait de s'abattre sur elle. "Oh non,
tu veux ma mort, s'écria-t-elle. C'est certain."
"Maman, répondis-je, si je voulais mettre fin à tes
jours, je choisirais un moyen plus simple que de prendre une
décision dont les conséquences vont marquer le reste de ma
vie."
Ma mère était d'avis qu'étant donné que j'étais
lesbienne, il était injuste de ma part de vouloir avoir un
enfant. "Pense à tout ce que cet enfant devra
subir", m'avait-elle prévenue.
Mon amie et moi sommes loin d'être naïves. Nous sommes prêtes
au pire (et au meilleur). Nous ne pouvons pas prévoir
quelles expériences notre enfant aura à traverser, dans un
monde qui fait souvent preuve d'intolérance à l'égard des
parents gais ou dans des écoles qui refusent de reconnaître
ceux-ci. Mais nous savons ce qu'il lui sera donné de vivre
dans notre foyer. Notre fils ou notre fille connaîtra
d'autres familles gaies et lesbiennes, et nous lui
apprendrons à respecter autrui, à marcher la tête haute
et à apprécier la diversité. Nous respecterons ses
sentiments de même que ses combats. Quels que soient les défis
qui se présenteront, l'amour, les rires et les anneaux de
dentition en cuir lui seront toujours fournis en quantité
illimitée. Et même si certaines personnes ne manqueront
pas de dire que notre enfant a deux mères, je suis d'avis
que je ferai un excellent père."
Karen X. Tulchinsky, écrivaine habitant à Vancouver, est
l'auteure primée d'un roman et d'un recueil de nouvelles
intitulées respectivement "Love ruins Everything"
et "In Her Nature".
L'article ci-dessus a
initialement paru dans le Vancouver Sun.
Réseau canadien pour la santé des femmes
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retour
Montréal, Les éditions du remue-ménage et IREF, 2001,
189 p.
"Animée par des questionnements tirés à la fois de son
vécu personnel et de son
contact avec les études féministes, Nathalie Ricard a
voulu connaître l’expérience
d’autres femmes déterminées, tout comme elle, à
conjuguer maternité et lesbianisme
malgré l’antinomie apparente de ces termes engendrée par
les représentations
culturelles des « mères » et des « lesbiennes ».
Décidant d’en faire le sujet d’un mémoire
de maîtrise en intervention sociale, elle s’aventurait
alors dans un champ d’études peu
documenté, avec comme principal outillage un désir de se
mettre à l’écoute et une
curiosité sans bornes qui allait la mener à explorer de
multiples facettes du phénomène
de la maternité exercée par des lesbiennes.