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20260805-10h15-vieillir-lesbien_1_0.jpgVIEILLIR EN ROSE

"Entrer en maison de retraite, pour une lesbienne française née avant les années 1980, revient souvent à revivre une époque qu'elle croyait derrière elle. Selon une psychologue exerçant en EHPAD à Lyon, citée par l'AFP, franchir la porte d'un établissement médicalisé donne parfois « l'impression de revenir à une époque où on faisait collectivement semblant que l'homosexualité n'existait pas ».

Un constat partagé par plusieurs associations, alors qu'aucune maison de retraite LGBT n'existe encore aujourd'hui en France.
Population concernée : plus d'un million de personnes LGBT de 60 ans et plus en France. Isolement : 51 % des seniors LGBT touchés, selon un rapport SOS Homophobie de 2018. Initiatives existantes : colocations solidaires (Paris, Lille, Bordeaux), label Grey Pride pour les EHPAD
Sans enfants : plus de 90 % des personnes LGBT de plus de 60 ans vivant seules, selon un rapport ministériel de 2013.
Le phénomène a un nom dans la littérature associative : le « retour au placard ». Des femmes qui ont vécu ouvertement leur homosexualité pendant des décennies choisissent, une fois entrées en établissement, de taire à nouveau leur vie affective.
Diane Rouzier, psychologue en EHPAD interrogée par l'AFP, décrit des résidentes qui « ne disent rien », tandis que « l'équipe soignante ne va pas chercher plus loin, par respect de cette pudeur » - une pudeur qui masque en réalité une peur bien concrète du jugement.
Cette dissimulation n'est pas un simple détail biographique. Selon un rapport de SOS Homophobie publié en 2018, 51 % des seniors LGBT en France sont touchés par l'isolement social.
Un rapport ministériel de 2013 consacré aux personnes âgées précise que, parmi 1,3 million de personnes de plus de 60 ans vivant seules et identifiées comme LGBT, moins de 10 % ont des enfants - un facteur qui pèse lourd sur les réseaux de soutien familial dont bénéficient plus largement les personnes hétérosexuelles du même âge.
Ce mécanisme de dissimulation prolongée rejoint celui documenté dans notre dossier sur le stress minoritaire et son impact sur la santé mentale lesbienne, où l'anticipation du rejet pousse à l'auto-censure même dans des contextes où le danger réel a disparu.
Ce que change la formation du personnel :
En Seine-Saint-Denis, Clotilde Cottineau, directrice de l'autonomie du département, reconnaît auprès de l'AFP qu'il s'agit d'un « axe à améliorer » et annonce vouloir « étoffer » la formation des professionnels du médico-social sur la diversité.
Concrètement, cette formation change des réflexes simples : interroger une nouvelle résidente sur un éventuel « grand amour » plutôt que de présumer un mari, savoir réagir face à des propos homophobes tenus par d'autres résidents, ou simplement nommer la compagne d'une personne âgée sans hésitation ni malaise.
L'association Grey Pride a structuré cette démarche autour d'un label (...) attribué aux établissements volontaires.
Pour l'obtenir, un EHPAD doit former son personnel, désigner un référent dédié et organiser régulièrement des activités en lien avec l'affectivité et la diversité des résidents - des ateliers pour « se faire beau ou belle » jusqu'à des lectures de textes plus intimes.
- « Il s'agit d'une démarche culturelle à mener sur le long terme », précise Francis Carrier, fondateur de Grey Pride, auprès de l'AFP. Les quinze EHPAD gérés par le Centre d'action sociale de la Ville de Paris sont engagés dans ce processus de labellisation, même si, à ce jour, seuls certains professionnels de deux établissements ont suivi la formation."
Aucune maison de retraite LGBT dédiée n'existe encore en France.
Pas encore de structure entièrement dédiée, mais plusieurs initiatives voient le jour : une colocation solidaire à Paris depuis 2020, des projets similaires en Ile-de-France, à Lille et à Bordeaux, ainsi qu'une première « Maison de la diversité » prévue à Lyon par l'association Les audacieux et les audacieuses.

(*) Le label Grey Pride distingue par ailleurs les EHPAD classiques formés à l'accueil des personnes LGBT. Colocation solidaire seniors LGBT+, depuis 2020, Paris, associations Grey Pride et Basiliade "Maison de la diversité", ouverture prévue 2024, Lyon, association Les audacieux et les audacieuses Projets de colocation en cours Ile-de-France, Lille, Bordeaux Label Grey Pride pour EHPAD classiques National, dont les 15 EHPAD du CASVP à Paris..

Source : lesbia-magazine.com- 03/08/2026
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Vieillir lesbienne en France : La double peine des EHPAD... | Tasse de Thé

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